Thaïlande

La Thaïlande du Sud

Quels sont les mots qui vous viennent immédiatement en tête quand vous pensez au Sud de la Thaïlande ?

« Plages de sable blanc baignées d’une eau turquoise
et bordées de cocotiers ?
Fonds marins incroyables ?
Chapelets de petites îles aux reliefs sculptés par la mer ?
Iles paradisiaques, cadre idyllique et carte postale
? »

Vous avez raison !! Les archipels de la mer d’Andaman et du Golfe de Thaïlande sont des édens.

Cependant, il y a également des évocations moins glorieuses : tourisme sexuel, prostitution, pédophilie, drogue, trafic, prison, etc..

Pendant longtemps, pour ces raisons, je n’ai pas voulu m’y rendre. Je ne voulais pas être une touriste de plus qui se leurre et qui ne voit pas ce qu’il se passe. Je ne souhaitais pas non plus cautionner ces agissements. Cela dit, je trouvais réducteur de limiter la Thaïlande et ses habitants à ces actes. D’ailleurs, nombre de pays que j’ai ou je vais traverser sont en proie à la corruption, à la drogue, à du trafic en tout genre.

Alors que faire ? Comment agir ? Je ne le sais pas.

Je ne me voyais pas boycotter tous les pays ayant ou ayant eu des actes répréhensibles. D’ailleurs, existe-t-il un seul pays au-dessus de tout soupçon ? Est-ce une question de perception, de sensibilité ou de philosophie ? Si vous êtes plus avancé que moi sur ce point, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires. Cela nourrira ma réflexion.

Pour l’instant, j’ai décidé d’éviter les lieux de trafic connus. Étonnamment, ils ne sont pas si nombreux et sont clairement identifiés. Je refuse également de prendre part à des activités où les animaux sont maltraités comme les safaris éléphants.

En prenant en compte ces prérogatives, je m’offre des vacances dans mon voyage. Je vais voyager d’île en île les trois premières semaines de 2020.

Ma devise : Sea, Sun and Dives.

Je commence par Koh Phi Phi puis Koh Lanta, Koh Tao et Khao Lak. Une mer translucide à 29°C, des levers et des couchers de soleil à couper le souffle et de belles plongées. Je bulle au Paradis. Le temps s’écoule lentement dans un hamac à bouquiner en sirotant une noix de coco fraîche.



L’un de mes romans est « La chambre des merveilles » de Julien Sandrel :

« Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.
Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.  En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans… »

Suis-je inconsciemment marquée par ce livre ? Probable. Sans m’en rendre compte, dans ce cadre idyllique, je commence à réaliser certaines merveilles d’une vingtenaire : fêter le nouvel an sur une plage, participer à des beach party, boat party, savourer l’insouciance, faire des selfies 😉…

Être entourée de « 20+ » m’aide aussi à expérimenter pleinement ce que je n’avais pas vécu à cet âge. Je me souviens aussi de mes rêves. L’un d’eux était de faire une croisière plongée. Or, à 18 ans, une otite interne non décelée, aggravée par une plongée et un mauvais diagnostic médical l’avaient relégué au rang des improbables. Perte lourde de l’audition et perte de l’équilibre, naviguer et plonger n’étaient plus à l’ordre du jour.

Il s’est passé près de dix-huit ans avant que je ne plonge de nouveau. Cette renaissance fut possible grâce à Sari, une jeune indonésienne incroyable. Deux ans plus tard, nous sommes le 19 janvier 2020, près de vingt ans après, Je réalise mon rêve.

J’embarque sur le liveaboard. J’ai 5 ans et des étoiles pleins les yeux. J’ai dix ans et la chanson de Souchon qui résonne. J’ai dix-huit ans, une belle revanche et de l’insouciance. J’ai trente-huit ans et je le vis bien. Je savoure un moment d’éternité. Je suis vivante.



D’autres merveilles en découlent. Je croise la route de Requins Baleine, de Requins Guitare, d’une Raie Manta et tant d’autres espèces (Crédit photo John Boy).



Avec Tiphaine, Alex, Niko, Sille, May, Yotam, Coco et nos instructeurs et photographe, Luca, Tony et John, nous formons une famille internationale de plongeurs. Tous plus mordus les uns que les autres. Nous mangeons, dormons, vivons, parlons plongées et poissons… Que du bonheur !



Réaliser cette merveille aujourd’hui symbolise, pour moi, qu’une histoire n’est jamais terminée tant que l’on est en vie. On ne sait jamais ce qui sera possible demain. Alors, comme Louis, j’ai pris un carnet et je note mes merveilles. En voici un extrait à date :

  • Plonger à Rajat Ampat
  • Chevaucher dans les steppes mongoles.
  • Aider à la construction d’une école
  • Être inspirée et garder en tête les jours de mauvais temps :
    • « Il ne faut pas chercher à rajouter des années à sa vie – mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années. » John Fitzgerald Kennedy

Et vous, quelles sont les vôtres ?

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