Java

Banyuwangi : immersion dans la vie et la culture indonésienne (1/2)

Comme je vous le disais, Banyuwangi (BWI) est beaucoup moins touristique et populaire que Bali. Par conséquent une touriste, c’est aussi discret à BWI qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Pauvre éléphant. Mais je ne fus pas une pauvre touriste esseulée. Je fis plutôt une immersion dans la vie et la culture indonésienne.


Laissez-moi vous raconter quelques unes de mes aventures :

A la recherche d’une carte sim ?

Sur le conseil de Farid et de mes hôtes, je me mets à la recherche d’une carte sim locale. Il nous est déjà tous arrivés en France de devoir choisir un opérateur. Et à chaque fois le même dilemme : lequel prendre ? lequel est le plus compétitif ? lequel a la meilleure couverture réseau ?

Je me suis posée toutes ces questions et ouvertement je n’avais aucune réponse à l’une de ces questions. Mes hôtes m’avaient dit : « ne t’inquiète pas tu trouveras, il y a des marchands partout ». Je suis donc partie à la recherche d’une carte sim.

Passant devant de nombreux magasins vendant des cartes sim et tout un tas de bric à brac, je continue mon chemin jusqu’à une devanture où une jeune femme ne vend que des carte sim. Je lui demande si elle parle anglais et elle me répond que non. Elle sort son téléphone ouvre « google translate » et nous commençons à échanger sans dire le moindre mot mais en textotant. J’écrivais en anglais, elle lisait la traduction en indonésien et vice versa. Au bout d’une demi-heure d’échanges où elle m’explique les différents opérateurs et le type de carte sim en fonction de mon besoin, elle m’enregistre et je suis détentrice d’un nouveau numéro de téléphone.



Elle termine notre échange en s’excusant de ne pas pouvoir parler anglais. C’est impressionnant cette envie / ce besoin d’échanger, de communiquer et de vouloir partager. Nous n’avons pas eu l’occasion de nous parler en nous disant autre chose que bonjour et merci. Cependant, je peux vous assurer que grâce à google nous avons réellement discuter et partager ensemble une expérience de vie.

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En route vers l’hôpital



Au cours de l’une de mes dernières plongées, je me suis éraflée les jambes sur des coraux. Rien de bien grave. Cependant, ils libèrent des capsules de toxines au contact de la peau, provoquant brûlures, démangeaisons et éruptions cutanées.

Riche de la pharmacie concoctée par mes médecins, ma mère et ma belle-sœur, je sais le traitement à suivre. Les deux kilos de pharmacie que je me trimballe n’attendront pas longtemps avant d’être utilisés. Je sors la crème à la cortisone et les antihistaminiques.

Cependant au bout de trois jours de traitement, je ne vois pas d’amélioration. Je demande donc à Gesty l’adresse d’un médecin. Il voit mes jambes et me propose plutôt d’aller à l’hôpital. Il craint que cela n’empire et qu’un simple médecin, en dehors du fait qu’il ne parlera pas anglais, ne sache pas me prescrire exactement ce dont j’ai besoin.
Inquiet, il me propose de m’amener immédiatement. Je le rassure et lui dit que j’irai dans l’après-midi.

Me voilà donc partie vers le RSUD Blambangan de Bayuwangi. A mon arrivée, tous les panneaux sont évidemment en indonésien. Je me dis que ça ne va pas être une mince affaire.

Je vais donc à l’accueil. La jeune femme me regarde avec un air perdu, me fait signe de m’asseoir et va chercher son supérieur. En deux minutes, j’explique à un médecin ce qui m’amène et il me met immédiatement sur un brancard dans la salle commune. Il n’en fallait vraiment pas autant. J’explique que je vais bien que ce sont des démangeaisons avec une éruption cutanée.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis la seule touriste dans l’hôpital mais en moins de dix minutes, ils tirent les rideaux autour de moi pour faire une chambre de fortune me protégeant du regard des curieux et ils s’assurent que tous mes signes vitaux sont bons. Puis trois médecins m’auscultent et me pose des questions. Quand ils ne savent pas me le dire, ils se servent de google translate… Bref, le diagnostic est posé et vérifié par les trois médecins. Ils me conseillent que les premières doses soient administrées par injection plutôt qu’en comprimés. Je regarde autour de moi l’état de propreté, s’ils portent des gants, la blancheur de leur blouse…et je donne mon accord. Tout est stérilisé, je respire. Ils me demandent si j’ai déjà été « piquée ». Au vu du nombre de vaccins faits dernièrement, je ne suis plus à une piqûre de plus.

Je tends donc mes avants bras. Une piqûre de chaque côté. Puis il me demande de rester allongée une heure afin de s’assurer que je n’ai pas de réactions. Une fois, le temps écoulé, les trois médecins reviennent et me donne mon ordonnance. Djamila, l’un des trois médecins qui m’a le plus suivie me demande de revenir la voir après être passée par la pharmacie.

Une fois y être allée et avoir payé la consultation et les médicaments (l’équivalent de 15€), je vais la retrouver. Elle m’explique sa prescription puis elle tient à échanger sur les hôpitaux et la médecine en Europe. Si nous aurions fait les choses différemment. Comment cela se passe dans un hôpital à Paris. Au regard de l’idéal qu’elle s’en fait, je ne peux pas me résoudre à lui raconter une part de notre réalité: grève des infirmières, des médecins urgentistes, le manque de personnel ou encore l’attente aux urgences. Elle penserait que nous sommes, nous, dans un pays sous développé. Je lui dis simplement que je n’aurais pas pu être mieux soignée. Elle s’en retourne travailler heureuse du compliment.

Une fois repartie pour de nouvelles aventures, cette expérience me questionne tout de même. Le tarif m’est apparu comme dérisoire mais il peut représenter une fortune et des difficultés d’accès au soin. La qualité du traitement, la prévenance des médecins, étais-ce du au fait que j’étais une blanche ?

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