Java

Les alentours de Yogyakarta

A quelques encablures de Yogya, des siècles d’Histoire vous tendent les bras.

LE TEMPLE BOROBUDUR

Après le lever de soleil manqué au Bromo, Henrike et moi retentons notre chance au temple de Borobudur.

Cette fois, le réveil est plus tardif, 3h15. La route goudronnée est une mer d’huile. Une fois arrivée sur le site, notre chauffeur nous indique le chemin à suivre et nous confie des lampes torches. Le chemin est balisé jusqu’au temple et les lampes ne sont d’aucune utilité.

En revanche, nous peinons un peu à trouver l’entrée et nous commençons à faire le tour de ce temple carré. Nous arrivons par l’entrée Ouest et nous pouvons gravir sans soucis les premières marches de hauteurs inégales qui nous mènent au premier étage. Manque de chance, ce n’est pas par cette aile que nous pouvons accéder en haut du temple.

Une chance sur deux, soit à gauche, soit à droite. Eh bien, nous nous sommes trompées.

A la lueur des téléphones et des flashs, nous nous faufilons à travers la foule pour être aux premières loges. Nous attendons.

Les premières lueurs sont brumeuses. Ce décor donne aux stupas de pierre sur fond de jungle tropicale et de montagnes un aspect encore plus mystique et magique. Ce temple bouddhiste fût érigé du IXème siècle. Il fût ensuite abandonné, oublié et enterré pendant des siècles sous des couches de cendres volcaniques. Puis redécouvert au début du XIXème, il fût sauvé dans les années 80/90 en étant classé au Patrimoine mondial de l’humanité. Il semble être vivant.



En partant, j’avais dit à mes collègues que peut-être je rencontrerais Bouddha au cours de mon voyage. Eh bien, j’ai le sentiment qu’il n’est pas très loin.


Ce n’est pas très étonnant. Savez vous combien de bouddha sont représentés ?


Il y avait 504 statues. Certaines ont disparues aujourd’hui ou ont été décapitées. Je vous rassure, je ne les ai pas comptées. C’est mon ami wiki qui le dit.



Progressivement, on commence à distinguer les stupas qui ornent la terrasse supérieure. Le plus fascinant c’est de voir cette forêt dense émerger de la brume matinale. Puis, les rayons du soleil viennent enflammer l’horizon. Les couleurs changent et se réchauffent pour faire place au grand jour assez rapidement. On peut alors découvrir la splendeur du temple, avec les stupas et les bouddhas qui ornent les niveaux supérieurs et la dernière plate-forme, circulaire qui symbolise le nirvana.



C’est en redescendant qu’on admire ensuite les superbes bas-reliefs et les statues de bouddhas qui ornent les étages inférieurs. Vu d’en bas, Borobudur est beaucoup moins photogénique. C’est un gros rectangle un peu massif dont on peine à discerner la beauté.

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LES TEMPLES DE PRAMBANAN

En arrivant à Prambanan, je change de décor. Ce n’est pas un temple, mais un ensemble de temples. Ce n’est pas la religion bouddhiste mais hindoue avec la trinité des dieux Brahma, Vishnu et Shiva, en l’honneur de qui sont érigés les trois principaux temples de Prambanan.



A mon arrivée sur le site je suis accueillie par deux jeunes étudiantes Stévany et Zhara qui me proposent gratuitement de me faire la visite guidée du site en échange de mon évaluation pour leurs cours d’anglais et de Tourisme. Elles m’indiquent donc sa structure, son histoire et qu’il fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991. Elles m’expliquent que de nombreux temples ont été détruits et réduits à des amas de pierres par les éruptions volcaniques du Merapi.

Puis, elles me détaillent chacun des six temples du site principal. Celui de Shiva, au centre, est le plus haut temple d’Indonésie, avec 47 mètres. À l’intérieur, on trouve des scènes de combats entre le Bien et le Mal. Elles me commentent certaines histoires liées aux bas-reliefs sculptés qui racontent la vie des dieux hindous. Elles m’ont détaillé l’histoire de deux dieux hindous en me disant que c’était comme « Roméo et Juliette » mais que dans leurs cas cela finissait bien. Je leur ai demandé si elle connaissait cette pièce de Shakespeare. Elles m’ont répondu que non… l’important n’était pas là. Le plus important pour ces deux jeunes femmes étaient de pouvoir s’exprimer en anglais, partager leur culture et s’informer sur les tendances de la mode parisienne cette année.



Elles partent quand le soleil commence a décliné. L’endroit est particulièrement serein. Je regarde les pierres des temples se parer d’or et scintiller au soleil. Un petit moment d’éternité.

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LE VOLCAN MERAPI

On ne dit jamais 2 sans 3. Ijen étant fermé pour cause d’incendies de forêts, Bromo invisible pour cause de brouillard, je suis bien décidé avec Henrike à voir le Merapi. Nous planifions une excursion en Jeep.

Ce volcan est considéré comme un lieu sacré par les Javanais. Il est l’une des deux extrémités d’un axe symbolique qui le relie à la « mer du Sud » (c’est-à-dire l’océan Indien) en passant par le kraton, le palais royal de Yogyakarta.

Gunung Merapi culmine à près de 2 900 mètres au-dessus des forêts et des champs. Avec 50 éruptions explosives entre 1548 et 2019, il est considéré comme le volcan le plus actif et le plus dangereux d’Indonésie. Par conséquent, un périmètre de sécurité circonscrit le volcan et nous ne pouvons approcher à moins de 4 Km.

Notre balade en Jeep ressemble donc à un tour de manège d’une durée d’une heure sur une poudrière. Trois stops sont prévus sur le parcours : un point de vue, le musée du Merapi en hommage aux victimes de l’éruption de 2010 et un bunker. Pour nous rendre sur chacun des sites, nous sommes secouées au gré des rochers et des trous à éviter, des chemins caillouteux et des chemins glissants. Nous avons pris l’habitude et surtout sauté le déjeuner. Sensations garanties et vues exceptionnelles sur le Merapi.



Cela dit, le musée du Merapi relate les éruptions qui ont eu lieu entre le 25 octobre 2010 et le 9 février 2011. 100 000 personnes ont été évacuées, mais le bilan reste lourd ! 350 victimes et 150 blessés graves.

Après la visite et au regard du nombre de morts, je suis surprise que certains villageois n’aient pas voulu être évacués. Notre chauffeur nous explique que, dans la croyance collective, le volcan est considéré comme bénéfique voire totalement inoffensif. Ces croyances sont très ancrées et consistent à penser que le volcan épargnera les vies et les biens des habitants lorsque celui-ci entrera en éruption. De plus, les pentes du Merapi étant particulièrement fertiles, les villageois ne veulent pas quitter une source de revenus qui sera prise, de toute évidence, par d’autres.



Aussi, notre tour aventure à un goût d’inconscience et de touristes écervelées…En même temps, on ne s’arrête pas de vivre ou de prendre l’avion dès qu’il y a un accident. Quelle est donc cet équilibre fragile entre conscience et inconscience du danger ?

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