Les billets de Baloo

Un an déjà !

Le 8 octobre 2019, je décollais de Roissy Charles de Gaulle pour Bali. Devant moi, un rêve que j’allais réaliser. Avec un peu de trac, mais des étoiles pleins les yeux, je prenais mon envol.

C’était il y a un an… Déjà !

Il me semble que c’était hier, que c’était il y a une éternité. Il s’en est passé des choses depuis que j’ai initié ce voyage :

  • 6 pays explorés dont 7 mois au Viêtnam
  • 63 étapes plus ou moins longues
  • 20 000 km parcourus en bus, train, bateau et moto
  • 57 articles publiés
  • 25 000 photos prises
  • des centaines de personnes rencontrées
  • 350 bières dégustées (chiffre approximatif)
  • 1 virus identifié, 1 masque sur le nez

Petit retour sur cette première année aux multiples facettes émotionnelles :

Tristesse :

Il est certain que la pandémie qui nous touche où que nous soyons a transformé mon voyage. Adieu le cadre peu cadré. Adieu l’anticipation et l’organisation. La plupart des backpackers rencontrés sont rentrés. Nombre d’auberges de jeunesse ont fermé. J’ai dû dire au revoir à un mode de voyage, à des amis. J’ai abandonné tous mes plans dans le but de pouvoir continuer. Quand je repense à mon itinéraire envisagé, j’ai un pincement au cœur. Voyager librement, peut-être un peu naïvement, sera-t-il encore possible ?

*****

Dégoût :

Lorsque l’on découvre d’autres univers, d’autres cultures, d’autres Histoires, cela permet de prendre du recul sur son propre mode de fonctionnement, sa perception, son éducation. De quoi avons-nous besoin réellement ? De peu de choses, quand on y réfléchit. Ainsi, au fur et à mesure que j’allégeais mon sac de ce qui m’était apparu comme essentiel avant le départ, la capacité de l’Homme à posséder, à exiger, à détruire, à sur-consommer, à geindre, à feindre, à polluer… m’a frappée. Quelle espèce animale sommes-nous pour nous détruire ainsi nous-mêmes et ce qui nous entoure ?

*****

Colère :

Qui ne s’est pas réveillé un matin en colère ou honteux pour une phrase, une action, une situation. Se traitant de tous les noms d’oiseaux devant la glace, en se disant : « Comment ai-je pu dire ceci… ? Faire cela… ? ». Je dois vous avouer que ces situations m’étaient quasi quotidiennes. Je refaisais constamment le film comme certains refont le match. Maintenant, ces épisodes ne se manifestent que rarement.

Bien évidemment, lorsque je me surprends en flagrant délit d’incompétences, je me fustige toujours autant, mais cela passe plus vite. De même, lorsque hier encore j’aurais fulminé en raison d’aléas divers (retard, mauvaise gestion, insuffisance notoire… et pour être honnête, il y en a eu de très nombreux en un an), aujourd’hui j’en souris. Comme je ne suis plus prise par le temps, je prends du recul. Je vous rassure, les choses n’avancent pas plus vite. C’est simplement mon attitude qui me permet de le vivre avec plus de détachement. Je m’autorise à être qui je suis, comme je suis, avec mes qualités et mes défauts. J’accepte les autres (dans tous les cas, j’essaie) sans vouloir les transformer. N’aurais-je pas franchi un des états prônés par Bouddha ?

*****

Anticipation :

Ca, c’était possible avant. J’ai anticipé les démarches administratives, les visas, le voyage… J’ai fait des « to-do-list » à rallonge. Ceci dit, je n’ai jamais été la reine de l’anticipation à six mois, à trois ans. J’ai toujours préféré l’improvisation, la réactivité à un chemin tout tracé. Alors à défaut de pouvoir prévenir ou devancer, je reste en mouvement. J’apprends. Je m’émerveille. Je me questionne. N’est-ce pas le principe même de la vie ? A trop vouloir prévoir, ne faisons-nous pas du surplace ? Finalement, de gré ou bien de force parfois, j’applique la formule latine hic et nunc, ici et maintenant.

« La vie, c’est ce qui arrive quand on a d’autres projets. (John Lennon) ».

*****

Joie :

Durant toute cette année, la joie, est le sentiment le plus présent. Le bonheur de découvrir, de sentir, de voir, de toucher, de rencontrer, de rêver et de les réaliser Dans chacune de mes journées mêmes les plus grises ou pluvieuses, j’ai pu voir le beau. Un geste, une attention, une odeur, un rayon de soleil. C’est ce sentiment que j’essaie de partager au quotidien avec les personnes qui m’entourent. Un sourire, n’appelle-t-il pas un sourire ?

*****

Confiance :

Il en faut un peu… En soi, la vie, les autres, la chance, ce qui nous entoure. Lors d’un séminaire, il y a quelques années, un intervenant avait comparé la prise de risques avec le saut en parachute. On est bien assis confortablement dans un avion. On a un parachute dans le dos. On sait que l’on va sauter. On est là pour ça. Ensuite, vient le moment où on est à la porte de l’avion et il faut s’élancer. Il n’y a rien de naturel à se jeter dans le vide. C’est un acte de foi.

A de nombreuses reprises, j’ai eu le sentiment d’être aux portes de cet avion : en plongée, à moto, en découvrant certains lieux, en rencontrant et en accompagnant des connaissances, des potes, des amis, dans de nouvelles aventures… Nous ne sommes pas dans le monde des bisounours, je suis tombée parfois, mais le bonheur d’avoir essayé, de m’être dépassée, de croire, de faire confiance…m’incite toujours à remonter en selle.

*****

Peur :

On ne se lance pas dans un tel projet sans craintes. Comme tout le monde, avant mon départ et tout au long de ce périple, j’ai eu des peurs, des doutes. J’ai même cru que j’allais mourir à pied, en voiture ou à moto en observant le chaos dû au trafic.

Surmonter mes angoisses n’a pas été sans douleur. Pour y faire face, tel le lion dans le magicien d’Oz, j’ai dû aller chercher une potion à la cité d’Emeraude et puiser dans des ressources inexplorées. Aux moments les plus critiques, deux phrases me revenaient généralement comme un mantra : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » (Le Cid – Pierre Corneille) et « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de vaincre ce qui fait peur » (Nelson Mandela).

Finalement, nos craintes et notre capacité à les dépasser, c’est ce qui nous rend vivant. Alors plutôt que les fuir, ne vaut-il pas mieux apprendre à les appréhender les unes après les autres ?

*****

Surprise :

Que d’étonnements en un an !! Il y en a eu de bons et des mauvais. Je ne m’appesantis pas sur le négatif. Pour moi, les regrets ne poussent qu’à ressasser et ne permettent pas d’avancer. Je préfère garder le lumineux ;

  • La sérénité et le flamboiement d’un lever ou d’un coucher de soleil où que je me trouve.
  • L’émerveillement d’apercevoir un requin baleine en Thaïlande et de plonger dans des eaux cristallines à la faune et la flore multicolores.
  • La vue féerique de la plus haute tour de Singapour.
  • La découverte de lieux et de temples ancestraux.
  • Les senteurs d’un marché et de plats parfumés.
  • La liberté de rouler avec mon fier destrier noir.
  • L’apprentissage de nouveaux mots.
  • La simplicité et la beauté des rencontres dans chacune des villes traversées qui reste gravées à l’encre indélébile.
  • Les personnes que j’ai pu découvrir et redécouvrir même si nous ne sommes plus dans la même ville.
  • Les amis anciens et nouveaux qui sont à mes côtés quoi qu’il arrive pour m’apporter bienveillance et positivité quand j’en manque.
  • ….

*****

Outre toutes ces émotions qui m’ont percutée, submergée, accompagnée au fil des jours…, il demeure une reconnaissance éternelle pour tout ce qui m’entoure. Je suis honorée d’avoir été intégrée dans des communautés et soutenue par des personnes merveilleuses. J‘ai découvert d’autres facettes du monde, de la nature et de moi-même.

Aussi, avec tout cela, il ne restait qu’une seule chose sensée à faire :

Signer pour une deuxième année d’aventures !!

4 commentaires

  • Jeremy Simon

    Wahou Sarah,
    Quel beau bilan a une année déjà. Je n’en reviens pas !
    En tout cas c’est toujours un plaisir de te lire et je te rejoints sur tes constats, une vie simple et des relations humaines authentiques, pleine de sourires fait rêver 😊
    Je me demande combien de temps il aura fallu pour que ressentes ce bien etre, et combien de temps il faudrait que tu restes pour qu’il soit durable 😅.
    Bonne suite d’aventures et ai plaisir.

    • baloo

      Coucou Jeremy, merci beaucoup pour ton message :-).
      Pour être honnête, je ne me souviens pas exactement combien de temps il m’a fallu pour que je ressente cette plénitude : peut-être quelques jours, quelques semaines tout au plus. Ce qui m’a foncièrement aidée, c’est que j’avais, j’ai du temps et que je suis libre. Si je veux rester quelque part, je reste, si je veux changer, je change. En dehors de mon ami Covid qui s’est invité comme pour tout le monde dans mon quotidien et mon périple, je suis libre de mes mouvements, sans contrainte. Cela me permet d’avoir un regard différent sur les choses. Egalement, Bali, l’Indonesie, l’Asie en général. Ces pays ont un rapport au temps et des valeurs différentes de notre monde occidental : plus de partage, de solidarité, un sens réel de la communauté. Le rapport à l’autre et ainsi à la vie se transforme au contact de cette philosophie.
      Ensuite, combien de temps pour que ce soit durable. Au bout de deux mois mes convictions étaient plutôt ancrées. La période de confinement et de post confinement, les personnes merveilleuses que j’ai rencontrées ou qui m’entourent malgré quelques milliers de kilomètres les ont gravées dans le marbre.
      J’espère que tu vas bien. Je pense bien à toi. Prends soin de toi et au plaisir.

  • Gachet

    Quel plaisir de te lire, j’adore ! Long voyage à toi chère binôme. Je te promets de plus m’impliquer dès que j’aurais fini de m’installer….
    À très vite.

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